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Mai 2012

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La dernière rencontre, Camus/Sénac

Denise Brahimi, La dernière rencontre, Camus/Sénac

ISBN 978-2-913868-94-6

La dernière rencontre est une oeuvre de fiction, qui prend la forme d'une pièce de théâtre car il s'agissait de montrer l'affrontement dramatique entre deux hommes, à partir de leur correspondance (publiée en 2004). Les deux personnages principaux sont bien réels puisqu'il s'agit d'Albert Camus et du poète algérien Jean Sénac, son cadet de treize ans (né en 1926), mort comme lui à l'âge de quarante-sept ans (1973) à Alger. Réels aussi la plupart des faits évoqués, telle la remise du Prix Nobel à Camus en décembre 1957.

A partir de 1948, des liens d'amitié très forts se sont établis entre Camus et Sénac, du fait de grandes similitudes entre eux : naissance en Algérie dans un milieu très pauvre d'origine espagnole, absence du père, importance affective de la mère, goût précoce de la littérature en général et du théâtre en particulier. Sénac considère Camus comme son père et maître jusqu'au début de la guerre d'Algérie. Mais ils ont sur cette guerre des opinions de plus en plus divergentes, Sénac prenant le parti de l'indépendance et défendant les positions du FLN, tandis que Camus voudrait à toute force éviter un dénouement qui spolie la communauté française d'Algérie et la contraigne à partir.

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Guermaz, voyage au pays de la lumière

Abdelkader Guermaz

  • Par Michel-Georges Bernard. Algérie Littérature/Action Numéro 49 - 50

Les rares ouvrages, articles ou préfaces d’expositions qui retracent l’histoire de la peinture algérienne associent constamment le nom de Guermaz à ceux des artistes, nés dans les années 30, à qui l’on doit quelque vingt ans plus tard l’émergence d’une expression résolument moderne.

Ainsi font Khadda, lui-même artisan majeur de cette mutation, dans ses Éléments pour un art nouveau (UNAP, 1972), évoquant les trames savantes de Guermaz, et les auteurs de Musées d’Algérie (SNED, 1973), analysant  l’empâtement et les touches en relief qui animent la surface de ses toiles de vibrations particulièrement sensibles. Ainsi feront Tahar Djaout dans deux articles, Où en sont les Arts plastiques ? et Une mémoire mise en signes, publiés dans Algérie-Actualité en janvier et mars 1981, Mustapha Orif dans sa présentation en 1986 de l’exposition Algérie, Peinture des années 80 (Centre National des Arts Plastiques, Paris) et Benamar Mediène, en 1989, dans une plus longue étude pour un dossier consacré à la Créative Algérie par la revue Phréatique.

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Un couteau dans le soleil

Par Aïssa Khelladi
Algérie Littérature Action N° 5

Un couteau dans le soleil, textes de Hélène Cixous, Jean Sénac, Youcef Sebti, Ben Mohamed, Hamid Tibouchi, Rabah Belamri, Tahar Djaout, mise en scène de Hamida Aït El Hadj. Distribution : Kassia Borderie (La Cassandre), Hamid Chabouni (Zine), Abderrahmane Guenaneche (Noun), Assia Guemra (Sonia), Serge Karim (L’Adepte), Nourredine Lamara (L’Homme Serpent). Représentations du 18 octobre au 17 novembre au Théâtre de Proposition — Durée du spectacle : 1H 20.

En 1994, Hamida Aït El Hadj décide de reprendre  Hissaristan (Journal d’un fou de Gogol) qu’elle avait créé en 1991 à Alger, en l’adaptant de manière à ce que le héros se transforme en intégriste sans foi ni loi, tuant peu à peu tout le monde et finissant par tuer le public lui-même. Ce rôle était tenu par l’un des plus talentueux comédiens algériens, Azzedine Medjoubi qui sera assassiné une année plus tard, alors que le spectacle était déjà programmé à Paris, au Centre culturel Algérien.

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Bleu sur les ailes et orange sous le ventre, nouvelle de Dominique Le Boucher

Algérie Littérature Action N° 31 -32

- Bonsoir… c'est Kenza…

La lampe rouge qui clignote au-dessus de la surface lisse du canal pour interdire aux péniches de remonter vers la grande écluse lui rappelle qu'il ne doit pas dormir. Cette nuit le canal ressemble à une tôle griffée par une pointe sèche de petites entailles de lune. Il doit veiller. Toujours il y en a qui viennent avant l'aube pour se faire prendre dans les mailles du filet argenté. Encore une chance que le passeur ait l'habitude de les serrer doucement contre lui, malgré les écailles de leurs ongles mauves et leurs manteaux de vase qui s'égouttent à l'intérieur de la barque de bois. Il n'a presque jamais besoin de descendre pour l'aider en bas de la passerelle où coulisse le câble d'acier au bout duquel la barque se balance comme une fleur vénéneuse aux mille museaux blancs. Ça l'arrange d'autant plus que la passerelle est traversée par les rails de l'ancien tramway qui la rendent aussi glissante qu'une coulée de glace, et vont se perdre dans une zone d'ombre et de hautes herbes tout contre le fleuve. Lui, il surveille seulement le clapotis le long des murs de briques rouges, qui signale la montée des eaux et les coups de gong lancinants et rythmés piétinant la nuit.

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Entretien avec Abdelouahab Mokrani

Par Dominique Le Boucher
Algérie Littérature Action N° 18

- Pourquoi avoir choisi ces formats particulièrement petits et d’où vient cette manière d’habiter l’espace, comme si l’enjeu était de modifier l’univers extérieur à la peinture avec des personnages qui semblent soudain beaucoup plus grands que la taille réelle du cadre?

- A. Mokrani : “Aux Beaux Arts de Paris, j’ai fait de la gravure, et je crois que je reste tributaire de cette formation. Le côté matière que l’on peut toucher m’importe beaucoup, et m’écarte d’une approche intellectuelle trop abstraite de la peinture. J’ai besoin de ces fonds qui font songer à du cuivre, mais peut-être aussi à de la terre. Cet ocre, par exemple, sur lequel se déplient des corps de couleur vert d’eau, à peine esquissés. Tout ça est fait avec une grande économie de moyens. Sans entrer dans le détail. Les personnages ne signifient pas, ils suggèrent. Ils suggèrent qu’il y a quelqu’un là, ou qu’il y était il y a peu de temps. Ce qui est trop précis, on en a vite fait la lecture. Au contraire, ce qui demeure mystérieux crée une passerelle entre l’imaginaire du peintre et de celui qui regarde, et cela doit fusionner.

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